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lundi 14 février 2011

Biographie de Oum Kalsoum


Oum Kalsoum dite aussi Oum Kalthoum ou Umm Kulthum (18 Décembre 1898- 03 Février 1975) est une légendaire cantatrice et musicienne égyptienne.

C’est déguisée en garçon qu’Oum Kalsoum a rencontré pour la première fois son public, alors qu’elle chantait dans la petite troupe de chants religieux de son père, Imam, à l’âge de 10 ans. Six années plus tard, Oum Kalsoum rencontre Cheikh Abou El 3ela Mohamed et Zakaria Ahmed qui l’emmènent au Caire avec eux où l’adolescente - qui deviendra légende - continue de se produire sous l’étoffe d’un garçon.

Oum Kalsoum se produit dans les petits théâtres de la capitale et sa destinée finit par croiser celle du poète Ahmed Rami, à qui elle doit son initiation à la littérature française ainsi que pas moins de 137 chansons, et du joueur de luth Mohamed El Qasabji qui ouvre à Oum Kalsoum les portes du Palais du Théâtre Arabe au milieu des années 20. C’est sur cette scène qu’Oum Kalsoum chante ses premiers grands succès. Le fait que les concerts de Oum Kalsoum soient gratuits au grand public a beaucoup contribué à la renommée de la chanteuse. En 1932, la notoriété de la diva est d’une telle envergure qu’elle se produit déjà dans les plus grandes villes du monde arabe : Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli et d’autres.

Le 31 Mai 1934, élue à l’unanimité comme la plus célèbre chanteuse d’Egypte à l’époque, Oum Kalsoum inaugure Radio Cairo. Les gens se pressent à ses performances et guettent la moindre apparition de la chanteuse durant sa saison musicale qui s’étendait d’octobre jusqu’en juin. Sa consécration est telle que la famille royale lui réclame des concerts privés mais assiste également à ses scènes publiques.

En 1944, Oum Kalsoum reçoit l’ordre ‘Nishan El Kamal’ du roi Farouk I. Malgré cette distinction accordée d’ordinaire aux membres de la famille royale et aux politiciens, Oum Kalsoum se voit refuser ses fiançailles avec l’oncle du roi. Profondément blessée et humiliée par ce rejet, Oum Kalsoum se distance de la famille royale dès lors.

On se réfère aux années 40 et aux débuts des années 50 comme étant « l’âge d’or » de la carrière d’Oum Kalsoum ; Toujours à l’écoute des goûts versatiles du public et tout en gardant ses chansons très représentantes d’elle-même, Oum Kalsoum s’entoure de compositeurs de talent tels que Zakariya Ahmad et du poète Bayram Al Tunsi. Pour des raisons obscures, Oum Kalsoum s’abstient dès le début des années 40 de chanter les compositions faites en collaboration avec Mohamed El Qasabji. Leur dernière collaboration est sur le titre « Raq el habib ». Le répertoire d’Oum Kalsoum change alors du style moderniste romantique à un style plus égyptien grâce aux compositions du jeune Riad El Sonbaty qui rejoint son équipe. En 1946, Sombati démontre tout son talent en composant une mélodie pour « Salou Kalbi », un poème de la plume du grand Ahmed Shawqi. Le succès de ce poème religieux attendu est immense. Sonbaty se hisse alors en meilleur compositeur de musique de poème arabe classique de tout le monde arabe, dépassant ainsi Mohamed Abdelwahab.

Fort de ce succès retentissant, Sombati compose la musique d’autres poèmes d’Ahmed Shawqi qui viennent alors s’ajouter à la discographie d’Oum Kalsoum tels que le titre « Woulida El Houda » en 1949.

Au sommet de la gloire, en 1950, Oum Kalsoum chante «Rubaiyat Al-Khayyam », un quartet d’Omar Khayyam qui est traduit à l’arabe classique par Ahmed Rami.

En 1964, Oum Kalsoum enregistre l’une de ses plus grandes chansons « Enta Omri » qui marquera sa première collaboration avec Mohamed Abdelwahab. Puis en 1966, Sombati compose la musique de « Al Atlal » pour le poème du même nom d’Ibrahim Nagy, chanson qui figure aussi sur la liste des titres les plus connus de la cantatrice.

Célèbre dans le monde entier, Oum Kalsoum a donné une multitude de concerts dans le monde arabe mais aussi dans le monde entier. Elle chante sur la scène de L’Olympia de Paris en 1967 et reçoit un télégramme de félicitations de la part de l’ex-président français Charles De Gaulle.

La durée moyenne d’un concert d’Oum Kalsoum était de trois à quatre heures durant lesquelles « La Dame » chantait deux à trois chansons seulement. Cela peut paraître bizarre aujourd’hui mais il faut noter que les chansons de la diva comptaient leur durée en heures et non en minutes comme les chanteurs contemporains.

Vers la fin des années 60, Oum Kalsoum commence déjà à montrer des signes de maladie car elle souffrait de graves crises néphrites aiguës. Mais malgré cela, la « Cantatrice du Peuple » poursuit ses concerts et en donne une série, à l’échelle nationale et internationale, en 1967 peu après la guerre avec Israël.

Cependant, la maladie prend du terrain sur cette grande dame et Oum Kalsoum donne finalement le tout dernier concert de sa carrière en Janvier 1973 au Palais du Nil.

Aidée de son mari, le Dr Hassan El Hafnaoui qu’elle épouse en 1953, Oum Kalsoum part pour les Etats Unis où les médecins s’acharnent à lui donner le plus de temps possible grâce à l’avancée de la médecine. Mais en 1975, Oum Kalsoum revient dans son pays natal, pour y mourir à l’aube du 3 Février 1975.

Toute l’Egypte pleure sa cantatrice bien aimée, et le monde pleure avec eux une diva incomparable. Plus de 5 millions de personnes assistent à l’enterrement d’Oum Kalsoum dans le cimetière du Caire, auprès de la tombe de son père et son frère.

Généreuse, le peuple égyptien se souvient d’Oum Kalsoum aussi comme une bienfaitrice qui aida plus de 200 familles pauvres au cours de sa vie. Humble, Oum Kalsoum ne s’est jamais crue plus importante que les personnes pour qui elle chantait. Et Oum Kalsoum ne chantait que pour son public, car même en s’étant essayée au cinéma au début de sa carrière avec des films comme « Weddad » en 1935, « Le chant de l’espoir » en 1937, « Dananir » en 1940 ou encore « Aïda » en 1942, Oum Kalsoum s’est toujours sentie plus vivante en face du public qui l’admirait et l’écoutait, en transe.

Aujourd’hui encore, près d’un million de copies de disque d’Oum Kalsoum se vendent chaque année, prouvant ainsi qu’Oum Kalsoum survit aux années et s’écoute de génération en génération en impératrice d’un art immortel à la voix inoubliable qui chante encore « Gharib' Ala Bab erraja », « Hayart Albi Ma'ak », « Touf we Chouf », « Ansak Ya Salam », « Ental Hobb » ou encore « Fakarouni » et bien d’autres mélodies d’une époque perdue et qui néanmoins demeure.
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